Tout juste prêt à entamer ses études d’ingénieur dans la prestigieuse Université de New York, Moose est
recruté par un dénommé Luke pour faire parti de sa bande de street dancers. Plus que de simples amis, ils sont les membres d’une grande famille et logent tous ensemble dans ce qu’il nomme
« le coffre », un grand entrepôt où ils vivent et s’entraînent au premier étage et au sous-sol, se trouve une boîte de nuit qui leur rapporte un peu d’argent. Ensemble et sous le nom de
la dream team « Les pirates », ils vont se mesurer aux meilleurs break-dancers du monde au cours du « World Jam » dont l’issue changera leur destin à tout jamais …
Il s’avère presque inutile de répéter une fois de plus que le scénario n’est pas très inventif, ni très
captivant, ni novateur. On se retrouve dans le même contexte que les précédents films du genre : on assiste à un affrontement entre gentils et méchants, pauvres et riches adolescents autour de
batailles de street dance dont l’issue finale est de remporter la victoire lors du grand tournoi mondial. L’intrigue virevolte entre amour, trahison, passion pour aboutir au même résultat
final : les gentils gagnent et l’avenir leur sourit tandis que les perdants pleurent sur leur sort.
Pourtant, Sexy Dance 3 amisé gros et en ressort grand vainqueur. Le film brille et excelle parce que c’est un
film de danse digne de ce nom comme on n’en avait pas vu depuis longtemps. En effet, ce troisième opus de la saga fait de nombreuses références au genre musical, cinématographique et visuel, qui
ne laisse pas indifférent.

Les chorégraphies acrobatiques sont époustouflantes. On a l’impression de revenir à un montage qui laisse
la place à la notion de plan, avec des prises de vues plans-séquences très appréciables. Battles endiablées, jeux de hanches
dévastateurs, absolument tout est fait pour que l’on prenne plaisir à regarder évoluer cette troupe de danseurs survoltés. L’implication des jeunes danseurs n’est pas à mettre de côté. La
réalisation du film faite par le héros n’est pas dénuée de sens. En effet, cela permet de comprendre leur point de vue sur la danse. On assiste à différentes visions de ce que représente la danse
pour ces jeunes. On n’assiste pas seulement à l’habituelle tirade « la danse m’a sauvé de tout … » mais au contraire, on comprend que la danse a eu un impact précis dans la vie de
chacun (que ce soit la possibilité de s’intégrer à un groupe, de ne pas être jugé pour son apparence, de se faire respecter et de se défouler dans une discipline …).
Le film rend même aussi de grands hommages à de véritables légendes. Ainsi, Fred Astaire est à l’honneur lors
d'un plan séquence où Moose, jeune gringalet dégingandé, danse dans les rues de Manhattan et apporte un sympathique clin d’œil au musical des années 1950. On retient aussi le superbe
hommage à Gene Kelly, un danseur-automate bluffant, interprété par un des danseurs de la troupe qui fait de nombreuses apparitions à couper le
souffle.
Par rapport à ses prédécesseurs, on s’aperçoit rapidement que dans cet opus, les chorégraphes ont franchi une étape supplémentaire. Bien qu’ils aient repris certains éléments du deuxième volet, comme danser sur l’eau, c’est une
réussite parce que la scène nous en met pleins les yeux et l’ajout de la 3-D accentuent certaines prises de vues, de quoi s’en mettre pleins les yeux.
La plus grande réussite et la meilleure raison d’aimer Sexy Dance 3-D est sans aucun la façon qu’à le réalisateur de filmer la danse. Il parvient
à combiner pure énergie et souplesse, ardeur robotique et « smooth attitude » à la Mickael Jackson, à
mi-chemin entre les ballets abstraits de Busby Berkeley et la décontraction affolante d’un Stanley Donen. Sexy Dance 3D retrouve la grâce des musicals d’antan, lorsque les mouvements
étaient filmés dans leur intégralité.
Ajoutez à cela l’utilisation habile de la 3-D et on obtient un film aux prises de vues grandioses et spectaculaires. Depuis
Avatar, peu de films en 3-D ont été convaincants, voire décevants tels Le choc des Titans ou Le dernier maître de l’air. Soit l’image était laide et dénaturée, soit la 3-D était inutile voir inexistante.
John Chu semble parfaitement maîtriser la complexité de la 3D. C'est bien simple, les corps semblent flotter dans les airs,
prendre possession de l'espace comme on ne l'avait pas ressenti depuis longtemps dans une comédie musicale.
Une main fait levier sur le sol pour faire tournoyer un corps quelques centimètres seulement au dessus du bitume, et c'est le
danseur qui semble se détacher de l'écran pour investir quelque chose comme une distance entre lui et le reste du monde. C'est un peu un rappel des évidences, mais la danse n'est pas seulement
une question de rythme, de corps à corps avec soi, comme les acteurs le répètent à l'envi dans le documentaire que réalise le héros (être soi-même ou être un autre par la danse, telle semble
l'alternative), mais tout autant une question de distance à parcourir ou d'effet de surplace, d'élévation et de fuite, d'expansion ou de rétractation.
Jon Chu, le réalisateur, accentue d'autant cette dimension là par l'usage qu'il fait du relief, et donne à sentir au
spectateur ce que peut être l'action de danser (l'énergie des parties dansées est incroyablement communicative).
Dans cette optique, la 3D décuple et met en scène une des interrogations majeures des personnages : trouver sa place au sein d'un
groupe, de la société et dans la vie courante. Cela leur permet ainsi de se sentir exister parce que la danse nous pousse à être nous-mêmes. On assiste donc à des remises en questions, des
problèmes moraux et sociaux, des prises de conscience qui font tout de même réfléchir. Les personnages cherchent à étudier la danse et la physique. Ils se posent aussi une question existentielle
à savoir les valeurs de la famille.
La 3D permet donc aussi de laisser entrevoir de fortes émotions et est aussi un atout pour certaines scènes non dansés. Par exemple,
l'image du héros en tenue sombre, perché sur le toit d'un immeuble, contemple la ville blanchie par la lumière du matin. La solitude du personnage et le mouvement de vertige sont procurer par la
3D. C'est le même procédé utilisé lors de la séquence où un traître, passé dans le camp adverse, vient lancer un ultimatum à ses anciens camarades à travers une grille. La 3D vient accentuer la
distance qui sépare désormais les deux hommes, le relief dédoublant la symbolique visuelle de la grille pour donner le sentiment des deux camps opposés qui vont s'affronter. Quand l'un d'eux
touche le grillage, c'est ainsi toute une logique d'espaces antagonistes qui est mise en scène.
Entre références cinématographiques, figures célèbres du cinéma, chorégraphies originales et époustouflantes, on assiste à un
véritable plaisir visuel que l'on ne peut que contempler avec admiration. Les fans du genre seront ravis de voir enfin un film de danse digne de ce nom. John Chu utilise brillamment la 3D et il
était plus que nécessaire de le souligner !
Dorothée
Note : 14/20
Sortie en salles le 18 août 2010
Film de danse américain
Réalisé par John Chu
Avec Adam G.Sevani, Sharni Vinson, Alyson Stoner
Titre original : Step Up 3-D
Durée : 1h47
Réalisé par Universal Pictures
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