Lundi 13 octobre 2008
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VAI a un parcours atypique ! D’origine marocaine, Vaï est une immense star au
Canada mais cherche à développer sa carrière en France depuis 2003. Auteur, compositeur, polyvalent et unique en son genre, Vaï est un petit gars qui simple de par son vécu. Son point fort qui
cloue tout artiste au tapis : sa mémoire phénoménal qui lui permet de composer et retenir ses textes sans les coucher sur papier. C’est sa manière de travailler depuis ses débuts en 1997. Après «
Street Life » en 2003, le voici aujourd’hui avec son 2ème album solo intitulé « Ma Raison » prévu pour le 23 juin 2008 en France.
Rencontre.
Dorothée: D’abord, une question d’ordre perso.
Pourquoi t'as choisi le surnom de VAI et quelle signification ça a pour toi ?
Vaï : Lorsque j’ai fait mon premier album solo intitulé « Street Life », j’avais pris le surnom de VAILLANT qui représente le fait que je souhaite
rester authentique et que je me bats pour ma passion. Mais tous mes amis m’appelaient VAI, c’était plus court et j’ai décidé de conserver ce surnom depuis
!
Dorothée : Ton groupe LMDS avait acquis une certaine notoriété au Canada. Pourquoi te lancer dans une carrière solo
?
Vaï : J’ai commencé ma carrière
comme MC et j’ai toujours été passionné par le Rap et le Hip-hop. J’ai fondé mon premier groupe de rap en 1994, LMDS (Les Messagers Du Son). Je dois avouer que le groupe cartonnait au Canada
notamment avec nos deux albums enregistrés entre 1997 et 1999. Mais le travail en groupe implique aussi des sacrifices personnels et moi, je ne voulais pas en rester là. J’avais besoin de faire
ce que je voulais quand je voulais sans avoir à me confronter aux autres et c’est ce qui a fini par arriver avec le groupe. C’est la raison pour laquelle, j’ai décidé de composer mes propres
morceaux, ma musique et d’avancer seul !
Dorothée : Es-tu allé au Canada en 1998 pour de te rapprocher de la culture Hip-hop
américaine ?
Vaï : Oui tout à fait mais je suis arrivé
au Canada en 1993 et j’ai évolué dans le domaine du Rap américain que j’écoutais beaucoup par ma culture. Toutefois, j’ai aussi écouté beaucoup de Rap français notamment des rappeurs de renoms
comme IAM ou Mc Solaar.
Dorothée : Qu’as-tu retiré de ta collaboration avec des artistes comme Freeman, Booba ou encore Sully Sefil qui sont de grands rappeurs en France
?
Vaï : A cette époque, je sortais
mon premier album solo intitulé « Street Life » et j’ai fait beaucoup de featuring avec des rappeurs connus en France pour attirer le public. De plus, les artistes que j’ai côtoyés
étaient très différents d’un point de vue musical, ce qui m’a permis d’acquérir moi-même une certaine polyvalence et de m’adapter à chaque profil ! Cette expérience a été très enrichissante pour
moi !
Dorothée : Qu’as-tu fait de 2003 à 2008 ?
Vaï: En 2003, j’ai fait une grande tournée au Québec pour la promotion de mon album « Street
Life ». Puis, j’ai réalisé de nombreux clips vidéo, notamment avec Freeman au Maroc. Après, j’ai eu quelques difficultés à reprendre ma carrière en main, des problèmes personnels qui ont
retardé mes projets, les passades négatives que connaissent tous les artistes au moins une fois dans leur carrière, je crois ! Enfin, j’ai mis deux ans à réaliser mon album « Ma Raison » et voici
aujourd’hui ! Donc, je n’ai pas eu vraiment le temps de chômer si on peut dire …
Dorothée : Pourquoi as-tu choisi comme titre principal « Ma Raison » qui est aussi le titre de ton album ? Est-ce d’un
point de vue musical ou plus personnel ?
Vaï : J’ai choisi ce titre pour
l’album car il représente ma vie, les quinze années de Rap que j’ai derrière moi. En effet, comme je le dis dans ma chanson « Rapper est ma raison d’être », c’est ce que je fais, ce que
je sais faire et cela fait partie de mon quotidien parce que pour moi rapper et composer sont à la fois un travail et un plaisir. De plus, la chanson « Ma Raison » est en 6ème position sur
l’album, ce qui représente un pôle dominant et c’est ce qui m’a permis de réaliser toutes les autres chansons.
Dorothée : Selon toi, en quoi « la chanson populaire pollue la musique » ? (paroles tirées du titre « Ma Raison »)
Vaï : Selon moi, aujourd’hui, trop
d’artistes font la même chose, le même style de musique, de chanson et c’est en ce sens là que je m’exprime ainsi ! Non pas que je considère que ce sont de mauvais artistes, je ne juge personne,
mais je suis plus pour la nouveauté, la polyvalence et j’ai une grande volonté de me différencier ! C’est pour cette raison que pour moi, la chanson populaire reste trop souvent du déjà vu et
déjà entendu !
Dorothée : Justement dans la continuité de ta réponse, qu’est-ce-qui, pour toi, te différencie des autres rappeurs actuels
?
Vaï : Mon vécu ! Nous
n’avons pas le même langage, déjà par mes origines et de plus, j’ai beaucoup été influencé par le Rap américain lorsque je suis arrivé au Canada, ce qui n’est pas le cas de tous les rappeurs
français car la culture musicale est différente.
Dorothée : Pourquoi n’as-tu pas fait de featuring avec des artistes plus connus dans
ton album « Ma Raison » ?
Vaï : Pour cet album, j’ai souhaité collaborer avec des artistes canadiens. J’ai commencé à travailler sur un premier morceau avec Minea, ça collait bien donc
on a enchaîné avec quatre autres morceaux et je ne regrette pas. C’était un choix mûrement réfléchi parce que le style est totalement différent de mon premier album solo et c’est ce que je
recherchais pour mon retour !
Dorothée : Ton timbre de voix ressemble parfois à celui d’Akhenaton, surtout pour
le titre « L’odeur du Dancefloor » ? T’inspires-tu du groupe IAM et de la carrière solo d’AKH ?
Vaï : Il est possible que mon
grain de voix ressemble à celui d’AKH mais ma voix est telle qu’elle est et je ne peux pas la changer ! Toutefois, on pose différemment, on n’a pas le même flow ni le même univers. J’ai une
vision précise du monde qui m’entoure, des messages à délivrer, une authenticité à exprimer. Ceci dit, si l’on me compare à Akhenaton, j’en suis fier car c’est un grand artiste que je respecte
beaucoup…
Dorothée : Comment fais-tu pour mélanger tous ces genres musicaux (Rap, Hip-hop, Reggae, voire Rock). D’où te viennent
cette inspiration musicale et cette mémoire impressionnante pour tes textes ?
Vaï : Je n’écoute pas que du Rap !
J’aime beaucoup le reggae qui reste très populaire dans certaines soirées au Canada. Pour moi, Bob Marley reste la référence. En rock, j’apprécie beaucoup Lenny Kravitz et en Rap français,
j’écoutais beaucoup Mc Solaar au début. En plus, j’ai commencé comme MC et écouter du rap américain m’a aussi inspiré d'un point vue musical. J’ai appris à diversifier mes goûts musicaux et c’est
ce que je cherchais à intégrer dans cet album afin de viser un large public. Quand je commence une chanson, c’est d’abord par l’instru ! Je compose mes textes dans ma tête, ce qui me donne une
plus grande liberté et après le flow suit !
Dorothée : Beaucoup de chansons racontent ta lutte, ton combat pour percer seul dans le
milieu. As-tu le sentiment d’être apprécié et reconnu à ta juste valeur à ce jour ?
Vaï : Je suis très content de voir comment ça se passe actuellement. J’ai fait la 1ère partie de Shym’ et ça c’était très bien passé. J’étais ravi de
l’accueil qu’on m’avait réservé. Le 17 juin dernier, j’ai fait la 1ère de Rick Ross à l’Elysée Montmartre et je dois avouer que j’en suis ressorti assez fier et satisfait. J’espère que ça va
continuer afin que ma carrière en France puisse évoluer.
Dorothée : Tu joins l’humour à la difficulté dans certains de tes textes ? Quelle en est ta raison ?
Vaï : Mon album est avant tout autobiographique. J’écris selon mon
humeur et cela dépend de l’ambiance qui règne dans ma vie quotidienne. Parfois, je suis plus dur comme dans le titre « Infidèle » où je parle de traîtrise, plus hardcore quand je suis
dans une mauvaise passe, et à d’autres moments, je tends vers l’humour comme dans le titre « Superstar ».
Dorothée : Travailles-tu toujours seul tes morceaux ou as-tu une équipe derrière toi
?
Vaï : Je réalise
toujours mes compositions moi-même. Quand on rentre en studio, c’est moi qui décide ! Je connais mon texte par cœur, je n’ai pas besoin de support papier et la musique vient avec selon ce que
j’ai programmé. Si après, je souhaite ajouter un bassiste, un guitariste, ça vient au moment où je le ressens mais je ne prévois pas à l’avance car je sais avant tout ce que moi je veux
!
Dorothée : As-tu un grand concert en prévision pour la promotion de ton nouvel album
?
Vaï : En effet, je
vais faire la promotion de mon album chez moi. La seule date fixée à ce jour est celle du 5 juillet à l’Elysée Montmartre. J’ai aussi une tournée de prévue au Canada cet été mais rien encore de
prévu sur le sol français.
Dorothée : As-tu déjà de futurs projets ? Si oui, lesquels ? Solo ou en collabo
?
Vaï : Oui, déjà
l’album « Ma Raison » sort en France le 23 juin mais ne sort que le 8 juillet à Montréal. C’est une question de stratégie afin de voir ce que pense d’abord le public français par qui je
dois encore me faire connaître. J’ai de nouveaux projets, notamment un prochain album sur lequel je travaille déjà beaucoup. J’ai réalisé une compile « Les yeux dans la banlieue » avec
Goldfinger à Montreuil qui sortira à la rentrée 2008. Ca s’est super bien déroulé et j’attends de voir le résultat. Le 20 juin, j’ai fait un show avec Estelle pour « Planète Rap ».
J’aime beaucoup sa musique notamment « American Boy ». Enfin, je vais aussi travailler sur l’album de Minea, artiste canadien, avec lequel j’ai fait plusieurs morceaux sur mon
album.
Dorothée : Est-ce grâce à tes 10 ans de carrière que tu es « solide comme un rock »
?
Vaï : Exactement ! C’est mon vécu qui m’a fait évolué et me permettre d’être là où j’en suis
aujourd’hui.
Propos recueillis
par Dorothée Rohr
Interview exclusive réalisée par Shotactu.com – Reproduction interdite sans autorisation ©
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