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Quantum of Solace, 22ème volet de la saga James Bond, est la suite de Casino Royale. Il est donc
préférable d'avoir vu son prédécesseur pour apprécier les tenants et les aboutissants de la trame, à savoir un gigantesque complot géopolitique fomenté, notamment, par un affairiste fortuné.
C'est la première fois dans la saga 007 qu'un film commence dans la directe continuité du précédent. Alors que le 21ème épisode se clôturait sur la trahison de Vesper Lynd
(Eva Green), dont Bond (Daniel Craig) était tombée éperdument amoureux, on retrouve, dans ce volet, la suite de l'histoire. Le film débute une heure après
la fin du premier sur les chapeaux de roues avec une course poursuite magistrale et vertigineuse entre Aston Martin et Alfa Roméo. Même s'il lutte pour ne pas faire de sa dernière
mission une affaire personnelle, James Bond est décidé à traquer ceux qui ont forcé Vesper à le trahir. En interrogeant Mr White, 007 et M (Judi Dench) apprennent que
l'organisation à laquelle il appartient est bien plus complexe et dangereuse que tout ce qu'ils avaient imaginé. Bond croise alors la route de la belle et pugnace Camille (Olga
Kurylenko), qui cherche à se venger elle aussi du meurtre de sa famille. Elle le conduit sur la piste de Dominic Greene (l'acteur français Mathieu Amalric), un
homme d'affaires impitoyable et un des pilliers de cette mystérieuse organisation. Au cours d'une mission qui l'entraîne en Autriche, en Italie et en Amérique du Sud, Bond découvre que Greene
manoeuvre pour prendre le contrôle de l'une des ressources naturelles les plus importantes au monde en utilisant la puissance de l'organisation et en manipulant la CIA et le gouvernement
britannique ....
Fidèle à la saga de l'agent 007, le
film illustre des bagarres et des poursuites qui se succèdent sans fin. Les séquences d'action sont impressionnantes et palpitantes mais trop souvent délaissées au profit d'un scénario
qui ne tient qu'à un fil. On retrouve des clins d'oeil aux films du genre : une esthétique très "Jason Bourne", une course contre le temps à la "24 heures chrono",
la référence à un ancien James Bond au travers de la fille asphyxiée et récouverte de pétrole, comme l'était d'or la victime de "Goldfinger".
Après l'explosion médiatique qui a tourné pendant de longs mois autour d'une bande annonce qui s'avérait explosive, la déception est obligatoire. Attendue
comme l'égale de ses prédecesseurs, telle Tina Turner (Goldeneye) ou encore Madonna (Die another day), la chanson "Another way to die" innove uniquement
par l'interprétation faite par le duo composé d'Alicia Keys et du légendaire guitariste et chanteur Jack White. Bien que la chanson s'incorpore parfaitement
aux images et donne ainsi un très beau rendu, ce nouvel opus est loin de provoquer autant d'émoi que ne l'était ses prédécesseurs, ce qui est regrettable tant la BO avait été présentée de manière
élogieuse.
Avec le sombre "Casino Royale", le méchant personnage, surnommé le chiffre, incarné par Mads Mikkelsen était
impressionnant autant par son charisme et ses larmes de sang que par son air impitoyable et sans état d'âme. Dans Quantum of Solace, le méchant s'avère moins crédible bien que
le choix de Mathieu Amalric soit audacieux parce que le personnage en soi est anticharismatique.
La pauvreté du scénario surtout dans les dialogues et la durée du film (1h47) ne parviendra pas à remonter les performances
des acteurs, les scènes d'actions de haute volée et n'égalera pas ni ne dépassera l'époustouflant Casino Royale. Alors pourquoi avoir doublé le budget de cette suite ? En valait-elle
vraiment la peine ?
Reste Daniel Craig, plus froid, son permis de tuer et la vengeance dans la peau qui fait une performance magistrale à la hauteur des meilleurs agents 007. Pas vraiment accepté par ses
chefs, ne s'acceptant pas lui-même, plus brutal et plus laconique, le nouveau Bond délaisse gadgets, humour et érotisme au profit de l'action pure, ce qui le rend beaucoup plus
convaincant et vraiment crédible. Ce James Bond est une bête fauve, impitoyable lorsque l'on tente de s'attaquer à ses proches.
Le message central du film est aussi très important puisqu'il s'agit d'une question de confiance. Bien qu'atypique, le réalisateur Marc Forster (A l'ombre de la
haine, Neverland ou encore Stay) a cherché à démontrer que la confiance pouvait revêtir plusieurs formes "A qui faites-vous confiance? Avez-vous confiance en vous-même? Est-ce que
nous faisons confiance aux autres? La confiance est une chose qui nous préoccupe tous parce que nous avons été trahis à un moment ou un autre de notre vie".
Développer ce côté psychologique et intéressant de manière plus explicite aurait été le tournant de ce volet perturbant ! Il aurait donc fallu que le film fasse quelque chose de tout ça
plutôt que de se laisser rattraper par certains automatismes bondiens qui font que parfois on ne sait plus où se situe l'enjeu principal du film !
Espérons que la suite n'en sera que meilleure en retenant les points négatifs et décevants du passage entre le 1er et le 2ème volet d'une nouvelle ère james bondienne !
Dorothée
Note : 12/20
Film d'espionnage anglo-américain.
Sortie mondiale le 31 octobre 2008
Réalisé par Marc Forster.
Avec Daniel Craig, Mathieu Amalric, Judi Dench.
Durée : 1h47.
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