Partager l'article ! HELLBOY II : LES LEGIONS D OR MAUDITES: Après qu'une ancienne trêve établie entre le genre humain et le royaume inv ...
Après qu'une ancienne trêve établie entre le
genre humain et le royaume invisible des créatures fantastiques ait été rompue par le Prince, l'enfer sur Terre est prêt à émerger. Maintenant, il est temps pour le super héros le plus
indestructible et le plus cornu de la planète de reprendre du service en combattant un dictateur sans pitié et ses légions. Il peut être rouge, il peut avoir des cornes, il peut être mal compris,
mais si vous voulez que le travail soit rapide et bien fait, appelez Hellboy !
Le film commence comme un conte.
Enfant, Hellboy (Ron Perlman) demande à son père de lui raconter une histoire. Celui-ci relate les origines d’un autre royaume, dont le Prince a renié ses origines et a réveillé une
menace sans précédent : une armée de créatures que personne ne peut arrêter.
Mettant de côté les sorciers nazis du précédent film, ce volet préfère puiser dans le folklore féerique, avec trolls et elfes. Les humains y sont
superflus car les monstres (entre autres trouvailles, un fantôme dans un scaphandre, un frère et une sœur diaphanes liés corps et âme ou un magnifique ange de la mort) y sont en fait les
vrais humains, avec leurs problèmes de cœur et de rangement.
Dans le premier volet, Guillermo Del Toro s’était inévitablement concentré sur les origines de son super héros paradoxal (un démon qui opère pour
les forces du Bien). Cette fois, libéré de ces contraintes, le réalisateur laisse toute sa créativité au service de son personnage qu'il lance dans une véritable aventure. Il
développe aussi l'entourage de ce monstre rouge, ce qui lui confère une part d'humanité.
Avec ses partenaires du Bureau de Recherche et de Défense Paranormal (B.P.R.D.), sa petite amie pyrokinésique Liz (Selma Blair), l'aquatique et
emphatique Abe Sapien (Doug Jones) et le mystique protoplasmique Johann, le B.P.R.D voyagera entre notre monde et celui où voguent les créatures que ne peuvent pas voir les humains,
où les créatures du monde fantastique sont devenues réelles. Hellboy, créature appartenant aux deux mondes qui n'est accepté dans aucun, devra choisir entre la vie qu'il connaît et une destinée
incertaine qui l'attend.
Il paraît que les suites sont systématiquement
moins bonnes que les œuvres qui les précèdent. Pourtant, le réalisateur Guillermo Del Torocontourne la tradition et les a priori en livrant un film plus abouti, plus maîtrisé et plus
mature que son prédécesseur. Les influences esthétiques du Labyrinthe de Pan (son précédent long-métrage) paraissent évidentes mais celles-ci apportent une véritable identité graphique à
ce film de super héros qui aurait pu au final n’être qu’un film de super héros de plus ! S’ajoute à cette esthétique une toile de fond écologique qui fait de cet Hellboy
II un film en phase avec les préoccupations de notre époque. Le film remplit ainsi parfaitement son contrat en faisant qui plus est évoluer intelligemment le personnage créé par Mike
Mignola.
Guillermo Del Toro s'impose ici en
maître du genre en inventant (bien mieux que ne l’ont fait avant lui George Lucas et Peter Jackson) un univers parallèle, proche du conte, peuplé de démons, de trolls
et de demi-dieux. Il est vrai qu'il a beaucoup d’atouts pour lui : une culture exceptionnelle doublée d’une passion sincère pour toutes les formes d’expression du fantastique, auxquelles il
rend ici hommage à coups de citations généreuses (qui vont de Frankenstein à Miyazaki en passant par lui-même); une imagination illimitée qui remplit l’image de manière tellement riche
qu’il faut plusieurs visions pour en faire le tour; une maîtrise exceptionnelle de l’imagerie numérique, qu’il mêle de façon indétectable aux prises de vues réelles.
Sans oublier un Ron Perlman toujours aussi impeccable, comique et attachant en
démon rouge. Voilà un blockbuster truffé de références, intelligent, fidèle à son inventeur, débordant d'humour et poésie.
Dorothée
POINTS FORTS
- L'univers particulier construit par Guillermo Del Toro
- Pas le temps de s'ennuyer entre scènes d'actions
- L'ingéniosité du réalisateur qui mélange l'humour au mythe
POINTS FAIBLES
- L'intrigue est assez prévisible
- Le méchant ne fait pas vraiment peur
Note : 15/20
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