Partager l'article ! PUBLIC ENEMIES: Public Enemies est fondé sur la véritable histoire, un braqueur de banque hors pair qui a sévi à d ...
Quand John Dillinger fut abattu le 22 juillet 1934 par le FBI devant le cinéma Biograph, à Chicago, où il venait de
voir L’ennemi public n °1, avec Clark Gable, des femmes trempèrent leur mouchoir dans son sang. L’agent du FBI, Melvin Purvis, avait une tache du sang de Dillinger sur son pantalon :
on proposa de le lui racheter 50 dollars, ce qui était alors une petite fortune. John Dillinger était l’«ennemi public n °1», le premier de l’Histoire, et quand enfin il fut enterré,
la foule emporta par petits morceaux sa pierre tombale. C’est dire l’immense popularité d’un braqueur de banques ! Même si Dillinger n'était pas un héros aux yeux de nombreux Américains,
il s'attirait pourtant leur sympathie parce qu'il représentait la révolte contre un pays en crise, gouverné par les banques et la politique. Il allait où il voulait, faisait ce qu'il
voulait quand il le voulait. Il braquait les banques en une minute et quarante seconde et s'est enrichit pendant de nombreuses années avant de se faire abattre. D'ailleurs,
avait-on abattu le vrai Dillinger, qui s’était fait refaire le visage, ou bien un truand sosie ? La polémique a longtemps passionné outre-Atlantique.
Pourtant, Michael Mann a décidé de ne pas mettre en avant tous les petits détails qui fondèrent
la popularité et le contexte historique de son personnage principal. On est à l’époque des Bonnie and Clyde (massacrés en mai 1934), de Baby
Face Nelson, de Ma Barker et de ses fils (source d’inspiration des Dalton), qui profitèrent de la crise pour jouer aux cow-boys et aux Indiens avec la
police dans des Ford ultra rapides afin de démontrer qu'ils étaient les maîtres d'une Amérique fragilisée pendant de brèves années.
Le réalisateur de Heat a donc posé son projet tel qu'il le souhaitait, au plus grand plaisir des spectateurs. Il filme les treize derniers mois de cavale du gangster
et illustre ainsi une époque sinistrée et en pleine mutation. L'évolution est bien présente avec de nouvelles Ford, de nouvelles armes, la création de ce qui deviendra le FBI par John
Edgar Hoover ! Mann fait du grand art la caméra au poing parce qu'il parvient à reconstituer la dureté des années 30 tout en marquant un impact sur la nouveauté et le tournant
d'une Amérique qui change !
Il s'entoure alors d'acteurs qui incarnent leur rôle à la perfection. L'obstination sobre
et dévouée à son travail de Christian Bale (The Dark Night) répond à l'imagination flamboyante et audacieuse de Johnny Depp
(qui, loin son rôle de Jack Sparrow dans Pirates des Caraibes, montre ainsi sa notoriété et apporte la preuve inévitable qu'il peut jouer n'importe
quel rôle), duel implacable dans lequel Marion Cotillard, égérie du truand en cavale, apporte une vibrante note d'humanité et d'amour pour un gangster qui ne semble pas
connaître ce sentiment au départ !
Un biopic très réussit comme on en voit peu !
Dorothée
Note :
17/20
POINTS FORTS
- Johnny Depp est un acteur incroyable capable de jouer tous les rôles
- Un film de gangster à la hauteur de son réalisateur, Michael Mann
- Un spectacle fascinant autant en émotion qu'en action
- C'est la pure tradition du romantisme noir
- Le plus grand film de Michael Mann depuis Heat
POINTS FAIBLES
- Bien que le film soit long (2h23), toute la vie de Dillinger n'est pas retracée
- Michael Mann ne suit que la dernière année de Dillinger
- Dillinger tait loin d'être aussi douceureux avec sa dulcinée
- Le scénario manque peut-être d'audace et d'effet de surprise
Sortie en salles le 8 juillet 2009
Biopic, Polar américain
Réalisé par Michael Mann
Inspirée de l'histoire vraie de John Dillinger
Avec Johnny Depp, Christian Bale, Marion Cotillard
Durée : 2h23
Distribué par Universal Pictures
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