Samedi 6 mars 2010
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Dans les années 50, deux Marshall, Teddy Daniels et Chuck Aule, enquêtent sur une mystérieuse disparition. Au large de Boston, sur l'Ile de Shutter Island, se dresse un hôpital psychatrique
renfermant tous les plus grands assassins du monde entier. L'une des patientes, Rachel Solando, semble s'être échappée. Mais comment a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée à clé de l'extérieur?
Comment a-t-elle réussit à quitter l'Ile, entourée d'eau ? Seul indice, un morceau de papier qui aligne des chiffres incompréhensibles pour les deux policiers. Les hommes de loi s'enfoncent alors
progressivement dans une enquête qui n'a ni queue ni tête et dans un monde de plus en plus angoissant, jusqu'au choc final où la vérité éclate ...
Tout comme certains acteurs, certains réalisateurs sont cantonnés à un style de films qui leur va si bien. S'ils en dévient , soit ils échouent, soit ils déçoivent. Scorcese reste le maître
incontesté du Polar Noir au sens propre, de l'univers de la mafia, là où règne la violence, la manipulation et l'esprit de famille. C'est au sommet de son art qu'il fut impressionnant avec
Aviator mais il n'a su en rester là. Malheureusement, les avis furent mitigés pour Les Infiltrés et là, on reste plus ou moins perplexe avec Shutter Island.
Il est en effet difficile d'accepter qu'un polar comme Shutter Island, écrit par Dennis
Lehane, récompensé en 2004 par le grand prix des lectrices de Elle, puisse être aussi bien adapté à l'écran. Lorsque le thriller plaît
à la lecture, il ne plaira pas forcément en images, tout le monde le sait ! Et c'est malheureusement ce qui arrive avec Shutter Island. Là où Dennis Lehane parvenait à installer cet esprit de
trouble, de suspense latent permanent, Scorcese nous plonge dans un polar prévisible où l'on s'attend déjà à l'aboutissement final sans même avoir lu
l'oeuvre.
Martin Scorcese nous emmène brillamment en enfer mais le
film s'enlise rapidement dans un chaos psychologique qui alourdit la mise en scène et les propos.
Certains personnages ont ces actes répétitifs, ces paroles préposées qui laissent entrevoir la trame et la chute finale.
Par exemple, le marshall Chuck Aule ne cesse de répéter la phrase "Ok Boss" afin de
convaincre Teddy Daniels de la réalité des faits et de son emprise sur son collègue.
Là où le livre décrivait de nombreux détails sans et flashbacks de rigueur sans lasser le lecteur, le film s'enlise dans
un récit de faits passés et ralentit le rythme du film tout en ruinant le suspense qui est au centre de cette histoire ! Résultat les deux heures et dix sept minutes de film paraissent
interminables surtout lorsqu'on prévoit ce qui va se passer.
Reste un Leonardo Di Caprio au sommet de son art. Il s'imprègne
parfaitement du rôle de Teddy Daniels, cet homme brisé par la mort de ses enfants et de sa femme, qui cherche un échappatoire pour retrouver un sens à sa vie. Seul son travail compte mais la
pensée de son épouse le hante à l'en faire devenir complètement fou. Il a bien grandit le petit dandy de Titanic !
Reste enfin le style de Martin Scorcese qui manie bien les contradictions de l'être humain. En eaux troubles, les protagonistes sont confrontés à leurs pires craintes.

Entre culpabilité, rédemption et paranoïa, on peut sortir de la salle que troublé et à la limite prêt à revoir le film pour en apercevoir une autre dimension et une autre vision !
Dorothée
Note : 13/20
POINTS FORTS
- Leonardo Di Caprio fait une excellente prestation tour à tour prédateur puis bête traquée
- Le charisme de Ben Kingsley en psychiatre et Mark Ruffalo en coéquipier
- Un grand plaisir visuel et intellectuel
- L'univers stressant, angoissant et ambivalent
POINTS FAIBLES
- Scorcese se condamne à tout expliquer
- Pas de réelles surprises lors de la chute finale
- On comprend rapidement le dilemme du personnage principal
- La durée, trop longue, ralentit l'intrigue
- Pas assez de montée d'adrénaline malgré
des thèmes forts comme l'infanticide, le nazisme, la déraison humaine
Sortie en salles le 24 février
2010
Thriller
américain
Réalisé par Martin Scorcese
Inspiré de l'oeuvre éponyme de Dennis Lehane
Avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley
Durée : 2h17
Distribué par
Paramount Pictures